Chargement de la vidéo...

Licence


Distributed under a Creative Commons Paternité - Pas d'utilisation commerciale - Pas de modification 4.0 International License

Partager

Lien
Intégrer la vidéo

Métriques

Consultations de
la notice

192

Téléchargements du document

16

Objets dans la migration, objets en exil : statuts, usages, devenirs / Panel #4

2017-05-05

Description : A propos des objets, Jean Baudrillard écrit qu’ils constituent des «‘mots de passe’ par excellence» (2004). A la fois communs, participant de la société de consommation, et uniques en ce qu’ils incarnent une expérience du sujet, des tactiques spécifiques d’usage dans les espaces du passage et de l’encampement, les objets sont des acteurs des liens sociaux, articulant récits et discours, participant des habitus et des recompositions en situation de migration, d’exil et de transmission. Paradoxalement, alors qu’ils assignent une identité à l’exilé/au migrant dans les médias et l’espace public et constituent, in fine, la seule trace matérielle d’un déplacement spatial et culturel subsistant bien au-delà de l’expérience du sujet dans des sphères diversifiées (du foyer au musée), les objets dans la migration et l’exil restent encore trop peu abordés. Or, si la culture matérielle de la migration contribue à la construction de la figure de l’exilé et du migrant, le déplacement migratoire affecte aussi bien les usages sociaux de la culture matérielle que les modalités d’emboîtement des affects autour de l’objet usuel ou trouvé, transitionnel ou hérité. Objets-sujets dans le sens où ils se tiennent parfois à la place des individus, et peuvent se substituer à eux pour témoigner d’une situation, ils sont des objets de l’histoire qui peuvent devenir également des objets-mémoires, souvent des reliques soumises à des temporalités et des statuts particuliers, parfois des ancrages qui permettent autant de réagencements créatifs et de réinscriptions dans l’ailleurs. Dans la poursuite d’une première rencontre qui s’est tenue le 21 novembre 2016 à l’Inalco sur la construction de la figure de l’exilé à travers les objets dans l’espace narratif, cette journée d’étude voudrait élargir le champ d’analyse en croisant statuts et devenirs des objets de la migration et de l’exil dans une perspective interdisciplinaire. /// Esther Heboyan (Univ. d’Artois) : "Le kandjar et le fez dans America America (1963) d’Elia Kazan" : Cette histoire d’exil, qui commence dans un village d’Anatolie centrale à l’époque ottomane et s’achève à New York, est une histoire d’objets volés et d’objets auxquels on renonce. Au départ, le jeune Stavros, assoiffé de liberté et rêvant d’Amérique, reçoit les objets d’exception que sa famille juge nécessaires à sa traversée des espaces inconnus jusqu’à Constantinople. En chemin, Stavros est dépossédé de chaque objet monnayable. Il ne lui reste que sa détermination, son honneur et surtout le kandjar que sa grand-mère paternelle lui avait remis, en souvenir du grand-père et en prévision des périls du voyage. Lors du second exil à bord du paquebot en partance pour le Nouveau Monde, les espaces de passage, d’abord l’océan atlantique à l’approche de Long Island et ensuite Ellis Island, correspondent à la dépossession de deux objets symbolisant le passé : le fez et le sac en toile. Elia Kazan fait disparaître tous les objets matériels de l’exil. Le recommencement ailleurs ne semble possible qu’au prix d’un désencombrement ou d’un allègement. Le hammal de Constantinople embrasse le sol américain en toute candeur. La mémoire de l’exil se reporte sur des objets immatériels. Les images-souvenirs tels le visage de la fiancée grecque ou la famille restée au village. Ou encore la musique grecque qui fait concurrence à la fanfare américaine et qui est la voix intérieure du protagoniste, comme une langue première qu’il ne parle plus mais qui ravive son espoir d’une vie meilleure. /// Kadhim Jihad Hassan (Inalco) – De la rivière Buwayb au caroubier de Birwa : Exil e(s)t poésie" {TEXTE LU PAR ALEXANDRA GALITZINE-LOUMPET} : À partir d’Ovide, Dante, Perse et de quelques poètes arabes classiques et modernes, dont notamment l’Irakien Badr Chakir Es-Sayyâb et le Palestinien Mahmoud Darwich, et en sollicitant la pensée, entre autres, d’Adorno, de Jankélévitch et d’Edward Saïd, l’auteur de cette contribution compte réfléchir sur l’exil en poésie, dans toutes les acceptions de l’expression : traversée de l’exil par des poètes, mais aussi la poésie elle-même comme parcours exilique. Une attention particulière sera prêtée à quelques objets, dans le sens élargi de ce terme, englobant quelques repères naturels et urbains par exemple. /// Cornelius Crowley (U. Nanterre) – Synthèse et conclusions


https://medihal.archives-ouvertes.fr/medihal-01570468
Contributeur : Dimitri Galitzine <>
Soumis le : dimanche 30 juillet 2017 - 10:49:26
Dernière modification le : mercredi 30 août 2017 - 01:04:47